Contestez… Il en restera toujours quelque chose

 

 

Texte & photo ©Meve - septembre 2004

 

L'influence d'une pétition sur les décisions gouvernementales peut sembler dérisoire. Et pourtant… Les citoyens que nous sommes ne disposent pas de beaucoup d'autres moyens pour se faire entendre. De plus, l'expression de la contestation de consommateurs et d'agriculteurs européens, notamment via des pétitions, a été le seul frein rencontré jusqu'à présent par les multinationales productrices d'OGM.

 

Début mai 2004 à Bruxelles, le collectif "Sauvons nos semences" a remis à la commissaire européenne à l'Environnement, Margot Wallstroem, une pétition rassemblant 200.000 signatures de citoyens de l'UE, partisans d'un étiquetage aussi strict que possible des semences transgéniques. Ce collectif rassemble plus de 300 coopératives de distribution et organisations agricoles, écologistes ou syndicales.

 

La pétition a été déposée alors que la Commission était en passe d'adopter un projet de directive européenne controversé, autorisant la 'présence accidentelle' d'organismes génétiquement modifiés à hauteur de 0,3% à 0,5% dans les semences.

 

Cette 'contamination accidentelle' est présentée comme une 'fatalité'. Mais si les producteurs d'OGM étaient rendus responsables juridiquement et financièrement des risques de pollinisations croisées qu'ils font courir aux autres cultures, ces 'accidents' ne se produiraient pas souvent!

 

Depuis peu, l'Allemagne a voté une loi qui obligera les pollueurs à assumer leurs dégâts… Jusqu'à présent, les multinationales comme Monsanto réfutaient toute responsabilité.

 

Pire, avec un cynisme qui dépasse l'entendement, elles allaient jusqu'à prétendre que tout OGM (même non désiré, implanté par contamination dans un champ conventionnel ou bio) était leur propriété intellectuelle ce qui impliquait que le cultivateur leur était redevable!

 

Percy Schmeiser, un petit agriculteur canadien, a payé très cher cette 'logique' soutenue par les autorités de son pays. Entre 1998 et 2004, il s'est battu sans relâche contre le géant américain de l'agrochimie, Monsanto. Celui-ci l'accusait d'avoir utilisé sans les payer des semences de colza génétiquement modifié. Or Percy Schmeiser, âgé de 73 ans, était sélectionneur de graines depuis 50 ans et l'envahissement de ses champs par des OGM représentait la ruine de tout son travail. Lors de son procès, il lui a été dit que la façon dont les semences transgéniques étaient arrivées dans son champ importait peu et que, même s'il n'en voulait pas, dès lors que les OGM étaient là, il devait payer des droits à Monsanto!

Au fil du temps, pour les groupes écologistes, Percy est devenu 'le David' résistant 'au Goliath' Monsanto.

 

En mai 2004, la dernière manche de son combat s'est déroulée à la Cour suprême. Il a finalement obtenu gain de cause, contrairement à ce qui a été dit dans la presse. De plus, le procès a donné l'occasion à ce 'David' d'alerter l'Europe, qu'il a sillonnée pour raconter son histoire et dénoncer les procédés de Monsanto. Percy Schmeiser a également déclenché une prise de conscience chez de nombreux agriculteurs canadiens. Jusqu'à ce procès, ils se laissaient intimider par les menaces et le chantage de la multinationale. Ensuite, s'inspirant de l'exemple de Percy, certains cultivateurs se sont regroupés pour attaquer Monsanto en justice et faire valoir leurs droits.

 

En France, les Verts sont actifs sur le plan de la lutte contre les OGM. Ils ont lancé diverses pétitions au niveau européen. Ils soutiennent les faucheurs volontaires qui sont traduits en justice et exigent eux aussi une législation qui rende les semenciers responsables des contaminations de champs conventionnels ou bio par des OGM.  En visitant leur site, vous trouverez des infos concernant des actions de lutte en cours ainsi que des nouvelles sur les procès des faucheurs volontaires (http://lesverts.fr).

 

Autres sites à consulter:

 

Concernant le soutien aux faucheurs: www.monde-solidaire.org

Greenpeace: http://www.greenpeace.org/belgium/fr/campaigns