Le cannabis et la circulation automobile: résultats d'études

 

Texte ©Meve&Jos2005

 

 

La Marihuana a moins d'effet négatif sur la conduite que l'alcool ou la fatigue. C'est la conclusion d'une étude britannique réalisée par le Transport Research Laboratory (TRL). Cette conclusion confirme des études entreprises plus tôt aux USA, en Australie et en d'autres pays: la consommation de la marijuana joue un rôle négligeable en ce qui concerne les accidents de la route. Allen St. Pierre, directeur de NORML(*), dit: "Etude après étude, il semble que l'effet de la marijuana sur la capacité de conduire soit léger. Il est dans les limites de sécurité acceptées pour les médicaments et d'autres substances légales, altérant également l'état du conducteur. Les résultats de cette nouvelle analyse le confirment."

 

Les chercheurs ont relevé que la marijuana a un effet légèrement négatif sur l'exactitude de la conduite, mais ils n'en ont pas trouvé concernant la capacité de réaction ni d'autres aspects du comportement des conducteurs.

 

Ils constatent que les sujets soumis à l'expérience avaient pleine conscience de la réduction de leur capacité à conduire et qu'ils tendaient à la compenser en redoublant de prudence.

 

La conclusion des chercheurs est la suivante: "En termes de sécurité routière on ne peut pas affirmer que la conduite sous l'influence du cannabis ne comporte pas de risques, mais les effets de l'alcool sont considérablement plus dangereux."

 

D'autres études comparables indiquaient également que l’alcool et le manque de repos ont des effets plus néfastes sur la conduite que la marijuana.

 

Une enquête australienne de mai 1998 sur 2.500 automobilistes blessés a indiqué que le cannabis n'a "pas d'effet significatif" sur la capacité à conduire.

 

Des résultats de recherche publiés par le U.S. National Highway Traffic Safety Administration en 1992 et 1993 montrent que les effets négatifs de la marijuana sur la conduite sont "relativement faibles" et le rapport conclut qu'il n'y a pas de preuves concrètes que la consommation de cannabis soit un facteur réel d'augmentation des accidents de la route.

 

De même, le projet de recherche du Département du Transport américain a prouvé que la marijuana, sans l'adjonction d'autres substances, cause "… une réduction faible de la capacité à conduire, proportionnelle à la dose de THC absorbée. Ses effets n'ont rien de remarquable en comparaison avec les perturbations causées par des médicaments ou de l'alcool. Les conducteurs sous influence de marijuana gardent une idée assez claire de leur état et le compensent, par exemple par une augmentation de leur effort. Par conséquent les effets du cannabis sur la qualité de la conduite semblent peu significatifs."

 

 

Les résultats des études suivantes confirment ceux des expériences décrites précédemment.

Elles ont été réalisées à l'aide d'un simulateur et sur un circuit fermé.

 

Le THC inhalé a eu un effet perceptible mais faible sur la conduite des personnes soumises au test, effet variant en fonction de la dose de THC absorbée. Il s'est également révélé qualitativement différent de celui des autres drogues, surtout de celui de l'alcool. Des éléments tirés des diverses études réalisées indiquent que l'alcool stimule la conduite à risque tandis que le THC incite à la prudence et à la compensation des effets par une attention accrue. Les effets négatifs du THC apparaissent plus clairement dans des situations de conduite fortement automatisée que dans celles qui sont plus complexes et exigent plus de contrôle.

Le "Cannabis 2002 Report", édité par le Ministère de la Santé belge, est le résultat d'une coopération des Ministères de la Santé français, suisse, allemand, hollandais et belge. Leurs conclusions sont les suivantes: le THC peut causer un affaiblissement de la faculté d'observation, des fonctions psychomotrices et de la capacité de conduite en général, plus ou moins important en fonction de la quantité consommée.

 

Cependant, les degrés d'affaiblissement observés dans le laboratoire où les essais de conduite réels se sont déroulés révèlent un fait troublant: après absorption de doses de THC allant jusqu'à 300 µg/kg de poids corporel, les effets altérants étaient comparables à ceux provoqués par une dose d'alcool de 0,05 g/dl, la limite légale du taux d'alcoolémie au volant admise dans la plupart des pays européens. Il n'y a ainsi aucune indication que la consommation de cannabis seul augmente les risques liés à la conduite.

 

Enfin, les chercheurs remarquent que la consommation conjointe de cannabis et d'alcool a des effets cumulatifs potentiellement dangereux sur la façon de conduire qui augmentent les risques d'accidents de la route.

 

 

(*) NORML: importante organisation américaine favorable à la révision des lois sur le cannabis

 

 

Citations

 

"Les résultats obtenus dans un simulateur avec des personnes sobres et ces mêmes personnes ayant fumé une quantité normale de cannabis ("normal high") ne montrent pas de différences importantes. Par contre, en utilisant les mêmes outils et méthodes d'analyse de comportement avec des conducteurs ayant bu, les chercheurs ont relevé que ceux-ci commettaient une quantité considérable de fautes."

(Etude Crancer, Washington Department of Motor Vehicles)

 

"Contrairement à l'alcool, qui pousse les gens à prendre plus de risques sur la route, la marijuana incite le conducteur à rouler plus prudemment et plus lentement. En conséquence, le cannabis n'est pas mauvais pour la conduite parce qu'il provoque chez le chauffeur une tendance à compenser la modification de ses perceptions."

(Professeur Olaf Drummer, Scientifique en droits au Royal College of Surgeons à Melbourne, 1996)

 

"Boire un verre de vin a plus d'influence sur la conduite que la consommation d'une cigarette de marijuana". C'est la conclusion d'une nouvelle étude importante faite par le TRL (Transport Research Laboratory) a Crowthorne (GB). Ces résultats confirment une étude réalisée un an plus tôt. Celle-ci démontrait en outre que les chauffeurs ayant fumé du cannabis étaient plus conscients de leur état et, par conséquent, conduisaient plus prudemment afin de le compenser.

(New scientist 19 Mars 2002)