Le cannabis et la circulation automobile: résultats d'études

Texte ©Meve&Jos2005

La Marihuana a moins d'effet négatif sur la conduite que l'alcool ou la fatigue. C'est la conclusion d'une étude britannique réalisée par le Transport Research Laboratory (TRL). Cette conclusion confirme des études entreprises plus tôt aux USA, en Australie et en d'autres pays: la consommation de la marijuana joue un rôle négligeable en ce qui concerne les accidents de la route. Allen St. Pierre, directeur de NORML(*), dit: "Etude après étude, il semble que l'effet de la marijuana sur la capacité de conduire soit léger. Il est dans les limites de sécurité acceptées pour les médicaments et d'autres substances légales, altérant également l'état du conducteur. Les résultats de cette nouvelle analyse le confirment."
 

"Les résultats obtenus dans un simulateur avec des personnes sobres et ces mêmes personnes ayant fumé une quantité normale de cannabis ("normal high") ne montrent pas de différences importantes. Par contre, en utilisant les mêmes outils et méthodes d'analyse de comportement avec des conducteurs ayant bu, les chercheurs ont relevé que ceux-ci commettaient une quantité considérable de fautes."

(Etude Crancer, Washington Department of Motor Vehicles)

"Contrairement à l'alcool, qui pousse les gens à prendre plus de risques sur la route, la marijuana incite le conducteur à rouler plus prudemment et plus lentement. En conséquence, le cannabis n'est pas mauvais pour la conduite parce qu'il provoque chez le chauffeur une tendance à compenser la modification de ses perceptions."

(Professeur Olaf Drummer, Scientifique en droits au Royal College of Surgeons à Melbourne, 1996)

"Boire un verre de vin a plus d'influence sur la conduite que la consommation d'une cigarette de marijuana". C'est la conclusion d'une nouvelle étude importante faite par le TRL (Transport Research Laboratory) a Crowthorne (GB). Ces résultats confirment une étude réalisée un an plus tôt. Celle-ci démontrait en outre que les chauffeurs ayant fumé du cannabis étaient plus conscients de leur état et, par conséquent, conduisaient plus prudemment afin de le compenser.

(New scientist 19 Mars 2002)
 

 

(*) NORML: importante organisation américaine favorable à la révision des lois sur le cannabis

Citations

Les chercheurs ont relevé que la marijuana a un effet légèrement négatif sur l'exactitude de la conduite, mais ils n'en ont pas trouvé concernant la capacité de réaction ni d'autres aspects du comportement des conducteurs. Ils constatent que les sujets soumis à l'expérience avaient pleine conscience de la réduction de leur capacité à conduire et qu'ils tendaient à la compenser en redoublant de prudence. La conclusion des chercheurs est la suivante: "En termes de sécurité routière on ne peut pas affirmer que la conduite sous l'influence du cannabis ne comporte pas de risques, mais les effets de l'alcool sont considérablement plus dangereux."

D'autres études comparables indiquaient également que l’alcool et le manque de repos ont des effets plus néfastes sur la conduite que la marijuana. Une enquête australienne de mai 1998 sur 2.500 automobilistes blessés a indiqué que le cannabis n'a "pas d'effet significatif" sur la capacité à conduire. Des résultats de recherche publiés par le U.S. National Highway Traffic Safety Administration en 1992 et 1993 montrent que les effets négatifs de la marijuana sur la conduite sont "relativement faibles" et le rapport conclut qu'il n'y a pas de preuves concrètes que la consommation de cannabis soit un facteur réel d'augmentation des accidents de la route. De même, le projet de recherche du Département du Transport américain a prouvé que la marijuana, sans l'adjonction d'autres substances, cause "… une réduction faible de la capacité à conduire, proportionnelle à la dose de THC absorbée. Ses effets n'ont rien de remarquable en comparaison avec les perturbations causées par des médicaments ou de l'alcool. Les conducteurs sous influence de marijuana gardent une idée assez claire de leur état et le compensent, par exemple par une augmentation de leur effort. Par conséquent les effets du cannabis sur la qualité de la conduite semblent peu significatifs."
 

Les résultats des études suivantes confirment ceux des expériences décrites précédemment.

Cependant, les degrés d'affaiblissement observés dans le laboratoire où les essais de conduite réels se sont déroulés révèlent un fait troublant: après absorption de doses de THC allant jusqu'à 300 µg/kg de poids corporel, les effets altérants étaient comparables à ceux provoqués par une dose d'alcool de 0,05 g/dl, la limite légale du taux d'alcoolémie au volant admise dans la plupart des pays européens. Il n'y a ainsi aucune indication que la consommation de cannabis seul augmente les risques liés à la conduite.

Enfin, les chercheurs remarquent que la consommation conjointe de cannabis et d'alcool a des effets cumulatifs potentiellement dangereux sur la façon de conduire qui augmentent les risques d'accidents de la route.
 

Des éléments tirés des diverses études réalisées indiquent que l'alcool stimule la conduite à risque tandis que le THC incite à la prudence et à la compensation des effets par une attention accrue. Les effets négatifs du THC apparaissent plus clairement dans des situations de conduite fortement automatisée que dans celles qui sont plus complexes et exigent plus de contrôle.
 

VKSZ08-01

Elles ont été réalisées à l'aide d'un simulateur et sur un circuit fermé.

Le THC inhalé a eu un effet perceptible mais faible sur la conduite des personnes soumises au test, effet variant en fonction de la dose de THC absorbée. Il s'est également révélé qualitativement différent de celui des autres drogues, surtout de celui de l'alcool.
 

Le "Cannabis 2002 Report", édité par le Ministère de la Santé belge, est le résultat d'une coopération des Ministères de la Santé français, suisse, allemand, hollandais et belge.

Leurs conclusions sont les suivantes: le THC peut causer un affaiblissement de la faculté d'observation, des fonctions psychomotrices et de la capacité de conduite en général, plus ou moins important en fonction de la quantité consommée.
 

ETRL05-01

Texte ©Meve2005

Méconnaissance, lois arbitraires et répression...

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Méconnaissance, lois arbitraires et répression...
 

Cela prouve que l'intérêt privé peut très bien fausser une étude dite 'scientifique' et surtout que la sécurité routière n'était pas en définitive l'objectif primordial. Et pour cause…
 

Le gouvernement français a commandité cette enquête démarrée en 2001 pour justifier l'appareil répressif anti-cannabis qu'il comptait mettre en place. Sans attendre les résultats de celle-ci, il a voté une législation très dure qui est entrée en application au début de l'année 2003. Pour justifier leur croisade anti-joint, les autorités françaises s'étaient appuyées sur les chiffres (tout à fait disproportionnés) avancés par le lobby des toxicologues ayant des intérêts dans le marché des tests de dépistage.
 

En conséquence, la législation actuelle française prévoit une tolérance zéro pour le pétard au volant, sanctionné par deux ans de prison et une amende salée. Par contre, un conducteur ayant un taux d'alcoolémie inférieur à 0,5 gramme par litre de sang ne subira aucune sanction, bien qu'il représente un risque accru d'accident similaire. La différence de traitement est donc tout à fait inacceptable: pour des faits équivalents, l'un voit sa vie basculer tandis que l'autre peut poursuivre sa route sans souci!
 

En France, une enquête assez sérieuse sur le thème de la sécurité routière et des accidents mortels vient d'aboutir. Elle se penchait sur l'incidence de la consommation d'alcool ou de cannabis au volant. L'article le plus intéressant écrit à ce propos est sûrement celui que le journal Libération a publié le 3 octobre 2005. De cette étude ressort quelques points qui méritent l'attention, certains se situant au-delà de son sujet.
 

Deux éditions de journaux flamands (la Flandre est la partie néerlandophone de Belgique) sont également éclairantes sur ce qu'est la presse, à savoir l'expression de l'opinion de certains et non le reflet d'une quelconque vérité objective.

Le premier article est publié par De Standaard et s'inspire directement de la dépêche de l'AFP (2), soulignant les points importants mis en lumière par l'enquête. Il correspond à peu près au contenu de l'article publié dans Le Monde. Le second, paru dans Het Laatste Nieuws, un journal connu pour son goût de la sensation, interprète l'étude pour fustiger l'herbe. Son titre est déjà évocateur "Le cannabis double le risque d'accidents mortels". La première phrase renforce cette idée affirmant que "fumer et conduire est une combinaison mortelle".
 

Le fait que le taux légal d'alcool dans le sang représente un risque identique (3) est pratiquement occulté. Tout au long de l'article, la manière de présenter les chiffres induit des contrevérités, indiquant clairement que le but est de renforcer l'image négative du cannabis.

Enfin, un seul des quatre journaux (Libération) mentionne les pressions subies par les enquêteurs de la part des différents lobbies concernés par cette étude (toxicologues liés au commerce des tests de dépistage, gouvernement français, industrie pharmaceutique, etc.).

Il est remarquable aussi de constater que la partie francophone de Belgique est restée totalement muette au sujet de l'enquête en question.
 

(1) Certains médicaments sont pourtant responsables de l'endormissement au volant.

(2) AFP: association France-presse, une des grandes agences mondiales de la presse.

(3) Selon cette étude, l'alcool à un taux de plus de 0,5g par litre de sang représente un risque d'accidents mortels nettement plus élevé, de 3 à 4 fois plus que le joint.
 

 

MCNS05-01

L'augmentation de risque d'accident représenté par un fumeur de cannabis n'est pas supérieure à celle engendrée par un conducteur ayant bu en respectant la limite légale, c'est-à-dire ayant un taux d'alcoolémie compris entre 0,2 et 0,5 gramme par litre de sang.
 

Sous la pression des lobbies pharmaceutiques, les médicaments et leur influence sur le risque d'accident (1) ont été volontairement écartés de l'enquête.
 

VKSZ08-10

 

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